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C2A/PDA - Quoi de neuf ?
Le début des négociations est prévu pour le 7 décembre. Nous n'avons donc que très peu d'information sur le sujet. Cependant, la direction nous a fait savoir que la population cible pour des départs en pré-retraite serait les non-cadres.
Devant la volonté annoncée d'atteindre l'objectif de réduction d'effectif sans désignation, cela nous parrait bien trop restrictif.
Par conséquent, FO, au sein de l'intersyndicale, a obtenu un engagement écrit de la direction. Le plan de départ anticipé sera accessible aux cadres et au non-cadres. La direction a toutefois réaffirmé son intention de favoriser les non-cadres. Cependant la porte est maintenant clairement ouverte à tous.
L’étape suivante est la négociation des conditions d’application de ce plan de départ anticipé. Ces négociations vont débuter prochainement avec nos spécialistes des questions séniors.
Reunion initiale du Nouvel Accord de "reduction" du temps de travail
Suite à la dénonciation de l’accord ARTT par la direction le 28 octobre 2005, les Organisations syndicales ont été convoquées le 21 novembre afin de définir le cadre d’un nouvel accord. L’application de l’accord dénoncé se prolongera cependant jusqu’en février 2007 (3 mois de préavis plus 12 mois de survie de l’accord).
La direction a tout d’abord justifié cette dénonciation par la nécessité d’augmenter la compétitivité de l’entreprise notamment dans le secteur des services.
En guise de benchmark, la direction a présenté notamment un tableau récapitulant le nombre de jours travaillés chez certains de nos concurrents (217 chez Atos, NCR, Microsoft, Cap Gemini, 215 chez Texas Instrument, CISCO, Sun…) à rapprocher des 205 de HP (hors lundi de pentecôte).
Une augmentation du temps de travail permettrait donc de créer (ou plutôt de ne pas supprimer) 250 postes environ. Elle permettrait aussi d’améliorer l’image de la France a l’étranger fortement dégradée par nos « 50 jours de vacances ».
La direction précise toutefois que le nouvel accord resterait dans le cadre de la loi Aubry 2.
FO conteste fortement cet argumentaire pour plusieurs raisons :
1. Le coût d’un consultant ne se calcul pas (et de loin) qu’en divisant son salaire par le nombre de jours travaillés.
2. Le coût d’un consultant en France est moins élevé que les autres pays Européens majeurs ou les US.
3. HP dispose d’un avantage concurrentiel unique puisque 83% de la population cadre (3929 salaries en fait contre 134 cadres en forfait horaire) est au forfait jour quasiment sans limitation horaire. Cela signifie qu’un salarié peut travailler 12H00 par jour sans aucune compensation salariale.
4. Nos concurrents cites par la direction sont au forfait heure. Par exemple un consultant de Cap Gemini travaillera 7H20 par jour. Au delà, il sera déclaré en heures supplémentaires.
Malgré ces arguments, la direction poursuit son raisonnement et propose les aménagements suivants : Un forfait jour porté à 218 j/an.
_En conséquence, suppression des 12 jours choisis.
_Maintient des 10 j de RTT.
_Compensation au choix (valable une année seulement) :
_Financière 12 jours (environ 5.5%) en prime verse en une fois à date précise.
_Versement de 12 j au PET._Les salariés non-cadres et les cadres en forfait heure n’auraient aucune modification de leur temps de travail.
La position FO
Fondamentalement, nous, FO, pensons que le débat sur la justification de la compétitivité n’a pas de sens et que débattre de cette question n’apportera rien puisque l’accord a déjà été dénoncé. Par contre, nous souhaiterions que soit reprécisé le cadre de travail des employés en forfait heure. En effet, nous pensons que parmi les 3929 employés au forfait jour, un grand nombre n’est pas autonome et pour qui, un forfait heure, serait beaucoup plus adapté. Nous pensons que les employés de cette catégorie doivent avoir le choix de leur forfait. Concernant les forfaits jours, nous pensons qu’il est nécessaire de fixer une limite annuelle du nombre d’heure de travail. Enfin nous demandons que soit mis en place une compensation pour les employés voyageant fréquemment (1 jour pour 10 voyages ou trajets).
Déclaration des OSR au terme de la réunion
Au terme de la réunion, une position commune FO, CFTC, CGC et CGT basée sur l’accord de branche a été communiqué à la direction. Nous demandons l’application des 35H00 soit fait en fonction de l’accord UIMM (218 j mais max de 10H00 par jour ou 42H00 par semaine pendant 12 semaines consécutives).
Reunion du 14 novembre 2005 aux Ulis.
L’enjeu de cette réunion est maintenant connu de tous. Il s’agit pour la direction d’obtenir des OSR l’entrée en négociation et l’engagement de celles-ci sur un calendrier qui, il faut bien le dire, s’avère être extrêmement ambitieux.
Rappelons que la signature d’un protocole de négociation ne réduit en rien les prérogatives du CE. Cela constitue plutôt un processus accéléré permettant de réduire l’impact économique du plan social. La direction a donc tout intérêt à enclencher ce processus.
Chez FO, nous pensons qu’entrer en négociation permettrait d’obtenir des contreparties. C’est pourquoi nous participons activement au débat et poussons la direction a assouplir sa position initiale. Cette stratégie porte ses fruits puisque le nombre de suppressions de poste est aujourd’hui de 940 contre 1240 initialement prévu. Rappelons que dans le cadre d’une procédure d’information/consultation des CE, le livre IV initial serait basé sur une réduction de poste de 1240 sans garantie de réduction (soit, il ne s’agit ici que d’un exemple, le débat étant bien plus large).
Ce nombre de 940 tel que défini dans le protocole est un engagement a maxima. La direction s’est d’ailleurs engagée par écrit à atteindre un nombre de suppression de poste le plus faible possible.
Cette revendication, bien qu’essentielle, n’est pas la seule que nous ayons obtenue. Parmi les autres revendications de l’intersyndicale entendues, nous pouvons citer :
-> Un accord triennal pour l’emploi. Cette dénomination reste pour l’instant bien vague. Ce plan s’apparente à la GPEC. Nous espérons cependant que l’analyse de l’évolution des métiers et des compétences sera plus poussée que dans le premier accord.-> Des conditions financières qui seront sensiblement équivalentes au PSE 2003 a l’exception des pré-retraites.
-> Aucune dénonciation d’accord collectif (prévoyance…) au cours des 24 prochains mois.
-> Pas de filialisation des activités HP services dans le cadre du plan.
-> Pas de fermeture de site ni d’agence commerciale dans le cadre du plan.
-> A faire bénéficier les salaries de Triaton et cd CFS des mêmes mesures que celles définies dans le livre III pour les salaries HPF et HPCCF. Notons que cet engagement ne sera valable que 8 mois et applicable dans l’hypothèse où des licenciements économiques frapperaient ces sociétés (les premières nommées bien sur, pour les deuxièmes…).
-> Une compensation financière au nouveau forfait jour sera définie lors des négociations du nouvel accord ARTT. Notons que ces négociations ont commencé le lundi 21 novembre.
-> La direction s’est aussi déclarée prête à étudier les modalités d’une garantie de l’emploi. Notons que ce point avait été initialement refusé.
Concernant les pré-retraites, sujet sensible s’il en est, nous avons obtenu qu’un plan de départ anticipé serait accessible aux cadres et au non-cadres. La direction a réaffirmé son intention de favoriser les non-cadres. Cependant la porte est maintenant clairement ouverte à tous. L’étape suivante est la négociation des conditions d’application de ce plan de départ anticipé. Ces négociations vont débuter le 7 décembre avec nos spécialistes des questions séniors.
D’ici là, l’équipe FO va consulter ses conseils juridiques et discuter des points qui peuvent encore améliorés avec les autres syndicats qui se sont déclarés favorables à la signature de ce protocole.
Nous continuerons bien entendu à vous tenir informés de l’évolution des négociations.
Voici la justification juridique de notre revendication quand à la définition d'une compensation des temps de voyage.
D'après la loi, le temps de travail effectif se définit comme toute période pendant laquelle le salarié est à la disposition de l'employeur et doit se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles (article L212-4 alinéa 1 du Code du travail).
Certaines périodes peuvent poser problème quant à leur prise en compte comme durée du travail effectif, il en va ainsi notamment pour le temps de trajet.
La jurisprudence de la Cour de cassation, chambre sociale, a donné des précisions quant à la qualification juridique du temps de trajet. Ainsi, dans un arrêt du 5 novembre 2003, confirmé récemment par un arrêt du 5 mai 2004, la Haute cour précise que le temps de trajet habituel entre le domicile et le lieu de travail n'est pas constitutif d'un temps de travail effectif. En revanche, lorsque le déplacement professionnel du salarié chez un client s'effectue hors période de travail et que le trajet est plus long que le temps normal du trajet de son domicile à son lieu de travail habituel, il y a la requalification en temps de travail effectif.
De plus, par accord collectif, par contrat ou par usage, un temps de trajet ne répondant pas aux critères jurisprudentiels « du temps de trajet inhabituel » peut être considéré comme du temps de travail effectif et être rémunéré comme tel. Encore, une indemnité conventionnelle dite de trajet peut se cumuler avec la rémunération versée au salarié au titre du temps de trajet répondant à la qualification de temps de travail effectif.
Ce régime favorable est remis en cause par la Loi de cohésion (de régression ? Qui a dit ça ? Pas moi en tout cas) sociale du 18 janvier 2005. En effet, elle dispose que le temps de déplacement professionnel pour se rendre sur le lieu d'exécution du contrat de travail (chez un client) n'est pas du temps de travail effectif. Toutefois, lorsque le temps de déplacement dépasse le temps normal de trajet entre le domicile et le lieu de travail, celui-ci doit faire l'objet d'une contrepartie soit sous forme de repos, soit financière. La contrepartie est déterminée par accord collectif ou à défaut par décision unilatérale de l'employeur prise après consultation des IRP.
Le législateur modifie la qualification juridique du temps de trajet, ainsi s'il n'est plus considéré comme du temps de travail effectif, les salariés ne pourront se prévaloir notamment du régime des heures supplémentaires.
Il apparaît clair que l'application de cette mesure « 100% employeur » entraînera d'une part un revirement de jurisprudence, d'autre part une occasion pour les employeurs de remettre en cause les dispositions conventionnelles et enfin modifiera la rémunération des salariés qui sera forcément moins favorable. La possibilité offerte à l'employeur de prévoir la contrepartie, sans passer par les organisations syndicales et un accord collectif, le laisse présager.
Néanmoins, la regle chez HP est aujourd'hui d'un jour de récuperation tous les 50 voyages (hors trajet automobile). C'est négligeable. Il nous apparait nécessaire de renégocier ceci.